• Panorama agroécologie

NUMÉRIQUE & AGROÉCOLOGIE

L’agroécologie nécessite d’observer et de comprendre son agroécosystème comme jamais auparavant. Le numérique offre aujourd’hui des outils inestimables pour atteindre cet objectif – sondes dans les parcelles, drones, outils de suivi – qui permettent non seulement d’avoir une vision globale de l’état de son système, mais aussi de comprendre comment ses pratiques l’affectent dans la durée. D’autres outils, tels que les robots de désherbage automatisés, libèrent les agriculteurs de tâches contraignantes pour leur laisser le temps de se reconcentrer sur leur vrai savoir-faire agronomique. Remplacer la chimie par les connaissances : un crédo agroécologique aidé par le numérique !

Cette année sur le Village Agroécologique, découvrez notamment de nouveaux capteurs de recueil de données dans les parcelles, des sondes ou encore des robot de désherbage automatisés...

Ils vous parleront du numérique

Julien Hérault

Julien Hérault
Conseiller en machinisme agricole indépendant, Julien Hérault réalise des audits et des expertises dans toute la France pour conseiller des agriculteurs ayant des objectifs de performance, de débit de travail et de qualité de chantier liés à leurs outils.

“Pour moi, les outils de travail du sol ne sont pas un moyen de production indispensable, ils ne servent qu’à corriger mécaniquement un défaut qui n’a pas été anticipé, qu’il soit de désherbage, de compaction, de nivellement ou de minéralisation. Si nous respections entièrement nos sols, nous n’aurions quasiment pas besoin d’intervention mécanique. En machinisme, la tendance est à l’augmentation de la productivité, des puissances et des largeurs de travail, ce qui génère sans surprise des problèmes de compaction, d’organisation humaine, de coûts de revient importants, de difficultés à respecter les périodes optimales de travaux.

Cependant, récemment, les préoccupations environnementales ont eu un vrai impact sur le développement du machinisme. Les outils d’aide à la décision, de modulation, l’automatisation des pratiques et des équipements, notamment, permettent d’augmenter les performances tout en étant beaucoup plus réactif en matière d’adaptation aux conditions de l’environnement. J’en attends encore beaucoup plus de la robotisation qui, selon moi, va complètement changer la stratégie d’équipement des agriculteurs. Au lieu d’avoir un tracteur de 400 chevaux tirant un outil de 12m, nous pourrons par exemple avoir 8 tracteurs de 50 chevaux automatisés qui auront moins d’incidence négative sur le sol. Cela impliquera une optimisation de tous les aspects de l’exploitation.

Souvent, les agriculteurs me demandent de les conseiller sur quels outils acheter, que ce soit parce qu’ils ne sont plus satisfaits des leurs ou parce qu’ils souhaitent changer de pratiques (pour arrêter de labourer ou partir sur du semis direct sous couvert, par exemple). Pour moi, c’est se tromper de question. Pour répondre à des objectifs agronomiques, de production ou des contraintes d’implantation, il existe une multitude de solutions qui ne nécessitent pas l’achat de nouveaux outils, seulement une optimisation de l’existant. Le machinisme n’est jamais un objectif en soi, c’est un moyen de production. Son impact, qu’il soit positif ou négatif, dépendra toujours de l’utilisation qui en est faite.”

Gilbert Grenier

Gilbert Grenier
Ingénieur agronome et professeur à Bordeaux Sciences Agro, Gilbert Grenier est spécialiste des nouvelles technologies en agriculture. Il est notamment l’auteur, aux Editions France Agricole, du livre “Agriculture de Précision” (2018).

“Le numérique sert l’agriculture par trois aspects principaux. En premier lieu, il permet une observation et des mesures beaucoup plus fines qu’avant, que ce soit via la télédétection, la proxidétection, les cartographies, les objets connectés comme les stations météo, les pièges et autres capteurs dans les parcelles… Tout cela nous fournit bien plus de données que nous ne sommes capables d’analyser. Le second aspect est donc cette fonction de croisement et d’analyse de cette multitude de données que procurent à l'agriculteur les outils d’aide à la décision. En troisième lieu, il va de pair avec une agriculture de précision qui permet de moduler les actions sur le terrain en fonction des besoins réels de chaque zone intraparcellaire. J’en rajouterais enfin un quatrième, qui est la traçabilité et le retour d’expérience agronomique, qui nous permettent de mieux comprendre le rapport entre les actions menées et les résultats obtenus.

L’agroécologie implique une observation très fine de ses parcelles et de ses cultures, ainsi qu’une démarche d’expérimentation individuelle assez poussée. Le numérique y a toute sa place de par la qualité d’observation qu’il propose : là où l’agriculteur n’avait jusqu’à présent que quelques dizaines d’informations à la parcelle pour piloter ses cultures (le rendement de l’année d’avant, une analyse de sol, des observations de terrain…), il peut aujourd’hui disposer de milliers voire millions d’informations. Par exemple, pour constituer des références technico-économiques, l’agriculteur pourra grâce au numérique aller au-delà de la marge nette à la parcelle pour transformer ses cartes de rendements en des cartes de rentabilité intra-parcellaire.

Le numérique permet d’amorcer cette réflexion agronomique bien plus avancée. Couplé à l’agroécologie, cela invite à être plus à l’écoute des phénomènes agronomiques. Là où nous étions avant dans une logique de “un problème = une solution”, nous sommes aujourd’hui dans une réflexion plus globale, fondée sur l’anticipation, afin de minimiser les risques en amont pour n’intervenir chimiquement qu’en dernier recours. L’agroécologie implique d’avoir des plantes qui se défendent elles-mêmes contre les ravageurs, avec une biodiversité qui leur permette d’être en équilibre avec leur milieu. L’agriculture de précision et le numérique peuvent y contribuer très fortement.”

Jean Harent

Jean Harent
Jean Harent, Chef de Marché Productions Végétales chez Isagri

“L’agroécologie met en avant l’excellence environnementale sans compromettre la performance économique de la structure. D’une simple logique de productivité, nous passons à une logique de durabilité qui pérennise la capacité productive de l’exploitation tout en respectant la vie des sols, l’environnement et les hommes. Pour nos clients, c’est un processus de gestion durable et sur le long-terme dans lequel ils se questionnent à la fois sur la gestion des ressources de leur exploitation et l’intégration de nouvelles alternatives culturales. Ces nouvelles pratiques agronomiques (et non plus simplement chimiques) vont de pair avec une démarche globale de qualité de la production et de transparence pour toutes les parties prenantes.

Notre station météo connectée Météus permet aux agriculteurs de s’inscrire dans cette démarche d’excellence environnementale en les aidant à mieux piloter leur utilisation d’intrants. Aujourd’hui nous connaissons l’importance des facteurs météorologiques dans le développement des maladies, ainsi que l’hétérogénéité qui peut exister d’une parcelle à l’autre ou d’un terroir à l’autre. Combiné à notre outil de gestion de parcelles Geofolia qui centralise toutes les données parcellaires de l’agriculteur (type de terre, variétés, dates de semis…), Météus permet de modéliser de façon très précise les risques de maladie sur ses parcelles, offrant aux utilisateurs un véritable outil d’aide à la décision pour intervenir de façon raisonnée et réduire leurs doses.

Ce type d’outil d’aide à la décision fait partie intégrante de l’innovation en agroécologie, où la technologie offre à l’agriculteur à la fois une plus grande maîtrise pour son pilotage agronomique et une compréhension plus fine et globale de son exploitation. À partir de là, il va pouvoir sécuriser ses rendements et maîtriser les risques de maladie tout en réduisant ses charges d’intrants. Grâce à ces pratiques plus respectueuses de l’environnement, il va pouvoir tendre vers une production encore plus qualitative et valorisable, répondant aux nouvelles attentes des consommateurs et des institutions gouvernementales.”

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Jérôme Leroy, Dirigeant de Weenat

« L’idée fondatrice de Weenat est d’allier agronomie et technologie pour faire progresser les pratiques agricoles et réduire les impacts sur l’environnement. Nous avons ainsi inventé il y a quatre ans des solutions d’agronomie de précision, mobiles et connectées qui s’appuient sur des réseaux de capteurs dans les parcelles. Ils fournissent aux agriculteurs, en quasi temps réel, des informations précises et fiables sur le sol, les plantes, la météo. Ces informations croisées, accessibles via notre interface disponible sur smartphone, tablette et PC, aident les agriculteurs à optimiser leurs décisions et, ainsi, à gagner en efficacité technique, économique et environnementale.

L’agroécologie propose selon moi une vision systémique du développement agricole. Plutôt que d’avoir une connaissance par étage – d’un côté le sol, de l’autre la plante, la météo, etc. – l’agroécologie est la prise en compte de manière systémique de tout ce qui peut impacter mon rendement, ma santé, mon métier, la durabilité de mon exploitation... Pour un agriculteur, déjà engagé en agroécologie ou pas encore, qui souhaite disposer d’un outil d’observation de ses parcelles, notre réseau de capteurs est un outil précieux puisqu’il permet d’adapter rapidement ses pratiques, voire même de comparer sur le temps l’impact de ses pratiques.

La France a un vrai savoir-faire agronomique que l’arrivée du digital et des réseaux de capteurs peut réellement rendre disponible, à grande échelle, auprès des agriculteurs, améliorant ainsi durablement les pratiques. Grâce à nos solutions, de nombreux agriculteurs disent gagner en confort de travail et, chemin faisant, en qualité de vie. »

Charles Adenot

Charles Adenot
Charles Adenot, Directeur Commercial & Marketing chez CARRÉ

“ANATIS est un robot autonome de désherbage mécanique qui permet d’automatiser une tâche perçue comme contraignante par les agriculteurs. Il est composé d’un élément de traction à l’avant, pouvant être complété à l’arrière par une bineuse ou encore une herse étrille. L’intelligence d’ANATIS se concentre dans sa partie avant : un petit tracteur robotisé, guidé par GPS, qui collecte des données via des capteurs. Le GPS permet de travailler à la fois sur des planches et en plein champ, mais aussi de travailler alors que la culture n’est pas en place ou levée. Les capteurs, eux, apportent des indicateurs clés et factuels à l’exploitant pour l’aider dans sa prise de décision.

Tout cela permet à l’exploitant de se recentrer sur sa vraie valeur ajoutée, qui est son savoir-faire agronomique. J’aime faire le parallèle avec les robots de traite. Lorsqu’ils sont apparus sur le marché il y a vingt ans, il y a eu deux types de comportement chez les éleveurs : ceux qui ont pensé que cela leur permettait de ne plus s’occuper de leurs vaches – ceux-là rencontrent aujourd’hui souvent de vraies difficultés par manque d’anticipation ; et ceux qui ont pensé que cette contrainte en moins leur permettait au contraire de passer plus de temps avec leurs vaches – et, donc, de se concentrer sur leur vrai savoir-faire de zootechnie.

Il en va de même avec les grandes cultures. Je suis convaincu qu’aujourd’hui, la valeur ajoutée des agriculteurs n’est pas de passer 10h dans leur tracteur. C’est au contraire de passer du temps dans leurs parcelles, à observer le comportement des cultures, des adventices, des sols. La bonne gestion de l’exploitation dépend de ce savoir-faire agronomique, et personne n’est mieux placé ni mieux formé que l’agriculteur pour le valoriser.”

En pratique

Carre, robot Anatis

Carre, robot Anatis
ANATIS est un robot autonome de désherbage mécanique et de collecte et traitement de données.

Il a pour vocation de désherber mécaniquement l’inter-rang et le rang mécaniquement, tout en collectant et traitant de l’information de la parcelle. Ses nouvelles batteries lui permettent de travailler 8h d’affilé. Il est guidé par GPS et Caméra, et dispose d’une grande précision (inférieure à 3cm).

Anatis permet de dégager du temps de travail pour se consacrer à des tâches à haute valeur ajoutée en se libérant de la contrainte du désherbage mécanique. Durant son travail il analyse grâce à des caméra et capteurs le sol et détecte la présence d’adventice. Il permet ainsi à son propriétaire de se concentrer sur la ou les zones les plus problématiques de la parcelle, permettant ainsi de gagner du temps, d’être plus efficaces et de limiter les intrants.

Il est contrôlé par l’intermédiaire d’un smartphone ou d’une tablette qui permettent d’accéder en direct au robot. Enfin, tous les équipements de sécurité permettent à son propriétaire de le laisser travailler sereinement dans la parcelle.

Weenat, pluviomètre et capteurs

Weenat, pluviomètre et capteurs
« Prenez les meilleures décisions pour vos cultures »

Notre pluviomètre connecté permet de mesurer en temps réel la pluviométrie, ainsi que la température et l’humidité de l’air. En complément de notre gamme de capteurs, il fournit aux agriculteurs, en quasi temps réel, des informations précises et fiables sur le sol et la météo. Ces informations accessibles via notre application, aident les agriculteurs à optimiser leurs décisions et, ainsi, à gagner en efficacité technique, économique et environnementale.

Economiser un tour d’eau pour l’irrigation d’une culture, éviter un traitement phytosanitaire, réduire l’impact environnemental, améliorer la productivité et donc la rentabilité des exploitations.

Grâce aux données collectées par nos capteurs au champ nous avons vocation à accompagner les agriculteurs dans le pilotage de leurs exploitations mais aussi de répondre aux défis posés par les changements climatiques, la détérioration de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles.

Pour un agriculteur engagé en agroécologie qui souhaite disposer d’un outil d’observation de ses parcelles, notre réseau de capteurs est un outil précieux puisqu’il permet d’adapter rapidement ses pratiques, et d’observer leur impact.

Météus, stations météo connectées

Météus, stations météo connectées
Météus c’est une gamme complète de stations météo connectées pour les agriculteurs allant du pluviomètre connecté à la station multicapteurs.

La station permet à l’agriculteur d’obtenir en temps réel les données météo clés de ses parcelles pour réaliser et planifier ses interventions dans les meilleures conditions d’efficacité (température, hygrométrie, vent…). Il est également alerté également en instantané sur son smartphone en cas de risque: gel, grêle…

Grâce au lien à la solution de gestion de parcelles Geofolia et aux modèles maladies partenaires (Arvalis, BASF, Syngenta…), Météus valorise l’intégralité des données météo et parcellaires propres à l’exploitation, permettant de modéliser de façon très précise les risques maladies pour pulvériser au meilleur moment et réduire significativement l’utilisation de produits phytosanitaires dans l’itinéraire technique. Solution communautaire, forte de ses 4200 utilisateurs Météus donne accès à l’agriculteur, aux données de toutes les stations du réseau situées autour de lui, il peut ainsi suivre les conditions et l’historique météo de toutes ses parcelles, même les plus éloignées.

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